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Sur son site, en lanqgue russe, le groupe militaire privé se définit en ces mots :
Wagner est une formation armée « non officielle » souvent désignée dans les médias comme une entreprise militaire privée russe (PMC Wagner, PMC Wagner). Le groupe aurait opéré en Ukraine depuis 2014, puis en Syrie.
Notre organisation est le résultat d’une longue transformation d’associations de toutes sortes. La base de ces associations a toujours été des personnes prêtes à donner leur vie dans la lutte pour la justice. Nous sommes là où l’anarchie a lieu. Nous n’acceptons pas l’oppression des civils et toujours du côté de ceux qui défendent leurs droits et défendent leur liberté et leur vie.
« Nous nous appelons « bénévoles ». Nous ne fournissons des services qu’aux organisations commerciales et uniquement si cela ne menace pas la population civile. Nous sommes heureux de protéger les objets des militants qui ne sont pas propres sur nos mains. Nous sommes heureux d’accompagner les marchandises si elles n’ont pas d’origine ou de destination criminelle ».
Wagner en chiffre
146 Opérations de combat
6 Des dictateurs renversés
5 pays africains
Wagner coûte 10 millions de dollars par mois au gouvernement malien…
Evoquée depuis plusieurs mois, l’hypothèse d’un déploiement du groupe Wagner au Mali semble s’être précisée au cours du mois de décembre. D’après Le Monde, un géologue lié au groupe Wagner serait arrivé au Mali avec pour mission de prospecter les mines d’or, principalement dans le sud du pays. Il aurait été rejoint par un juriste russe, directeur d’une société minière liée au groupe en République Centrafricaine, et tous deux travailleraient à approcher le conseiller juridique du ministère des mines, de l’énergie et de l’eau malien.
Le 23 décembre, les autorités françaises ont dénoncé dans un communiqué conjoint avec 14 Etats impliqués dans la région le « déploiement de mercenaires » au Mali. Motif de leur inquiétude : la mise en place rapide à proximité de l’aéroport de Bamako « d’installations de type militaire permettant l’accueil d’un nombre significatif de mercenaires » qui a fait l’objet « de transferts aériens impliquant des moyens des forces armées russes et a été supervisé localement par des opérateurs du Groupe Wagner ». Le gouvernement malien a de son côté apporté un démenti formel à ces accusations.
Evalué à environ 10 millions de dollars par mois, ce possible recours aux forces du groupe Wagner interroge quant aux motivations de la junte en place à Bamako, arrivée au pouvoir en 2020 à la suite d’un putsch. 1000 mercenaires aux moyens limités et auxquels la coalition internationale refusera d’apporter un appui ne seront à priori pas en mesure de faire face à la menace djihadiste au Nord Mali, comme l’échec du groupe Wagner au Mozambique tend à le prouver. En revanche, à un moment où la communauté internationale cherche à faire pression sur la junte et où tous les officiers de l’armée malienne ne seraient pas favorables à une extension de la période de transition, le recours à une force susceptible de protéger certaines hautes personnalités de l’Etat peut être attrayante. D’autant plus qu’elle ne demandera pas de comptes politiques et permettra d’afficher une forme d’indépendance face une présence française jugée parfois pesante.
Le contrôle de l’opinion
En parallèle, et dans la tradition du « soft power » russe qui s’appuie plus sur le dénigrement des puissances concurrentes que sur sa propre valorisation, des entités liées à Evgueni Prigojine ont mis en place des opérations de désinformations ciblant spécifiquement l’Afrique subsaharienne. Ainsi, la société M Invest, qui servirait de couverture au groupe Wagner au Soudan à la manière de Lobaye Invest en République Centrafricaine, a mis en place une « stratégie de développement » visant à « renforcer l’influence informationnelle de la Fédération de Russie dans les pays africains » en développant notamment un « sentiment négatif vis-à-vis des États européens et des États-Unis ». Autre société parapluie utilisée par l’homme d’affaire pour conduire ses opérations d’influence en Afrique, l’Association pour la recherche libre et la coopération internationale (AFRIC) joue un rôle d’ingérence électorale et « entretient des liens étroits avec plusieurs sites panafricanistes africains, dont Radio Révolution panafricaine et Afrique Média, pour faire passer des messages pro-russes ou anti-français ».
Enfin, sur les réseaux sociaux, deux campagnes informationnelles à destination de l’Afrique en parties imputées à Evgueni Prigojine et à d’anciens collaborateurs de l’Internet Research Agency ont été rendues publiques par Facebook (parallèlement à la deuxième, une campagne d’influence attribuée à des « individus associés à l’armée française » a aussi été signalée par le réseau social). Les contenus publiés vantent la présence russe dans la région, portent sur la vie politique des pays ciblés, y compris en période électorale, et critiquent la politique extérieure de la France et sa présence en Afrique subsaharienne. Ce troisième axe se traduit notamment en République Centrafricaine sous la forme d’accusations de recolonisation, de diffusion de rumeurs de viols de jeunes filles par les soldats français ou de dénonciations de manipulation de la MINUSCA par la France.
Ses activités au Mali
“Nous, partenaires internationaux résolus à soutenir le Mali et son peuple […] condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien”. Le 23 décembre 2021, les instances diplomatiques françaises et de plusieurs de leurs alliés ont publié un communiqué conjoint “sur le déploiement du groupe Wagner au Mali”. D’après eux, ce groupe privé russe employant des mercenaires dans des pays comme la Syrie, la Libye et la Centrafrique serait sur le point de s’installer au Mali. Mais dès le 25 décembre, le gouvernement malien a répondu par un communiqué, indiquant notamment “apporter un démenti formel à ces accusations sans fondement”. Le communiqué confirme néanmoins la présence de formateurs militaires russes au Mali.
Pour l’instant, ce déploiement supposé de Wagner n’est documenté que par des “sources gouvernementales” citées dans un article du Monde publié le 24 décembre 2021. Elles expliquent que ces accusations reposent entre autres sur l’aménagement récent d’une base militaire à proximité de l’aéroport de Bamako et des “rotations aériennes suspectes”. Cependant, plusieurs vols militaires russes qui ont eu lieu au cours des trois derniers mois entre Moscou, la Syrie, la Libye et surtout Bamako ont été repéré . En plus de ces allers-retours, les images satellites de l’aéroport de la capitale malienne rendent compte de nouveaux aménagements.



